Les rencontres Écocitoyennes de Mérindol (Vaucluse) se déroulent sur le thème de la transition.

Vous avez dit transition ?

Dans les années soixante, un géologue du nom de Hubert prévoyait que la production de pétrole allait arriver à son maximum (toute forme de pétrole confondue: nappe , pétrole et gaz de schiste,  sables bitumineux  etc…). Il faut souligner, qu'à cette époque, le géologue passa plutôt pour un illuminé  (à la lampe à pétrole sans doute ?). De nombreux experts de l'époque pensaient, que les réserves  étaient inépuisables ou presque. Hors  les faits sont là (têtus comme à l'accoutumée!)! Hubert avait raison. Aujourd'hui, la capacité de production a atteint son maximum . Le pic de Hubert est atteint. Le premier ministre Fillon l'a reconnu lors d'une séance de l'assemblée nationale au printemps 2011 . Sa déclaration était notamment étayée par les travaux d'un ingénieur en énergie Benoit Thévard. Ce dernier a mis en relation et étudié les nombreuses études des différents organismes qui étudient les réserves pétrolières ( une vingtaine d'organismes internationaux). La conclusion  est sans appel. Depuis 2009 , environ, les capacités de production de pétrole  présentes et à venir ne correspondent plus à la demande de consommation mondiale. En clair, les quantités de pétrole vont se réduire progressivement. D'ici une cinquantaine d'année les réserves de pétrole seront épuisées. D'ici là, le prix du baril de pétrole sera tellement élevé qu'il sera d'un luxe inouï de faire quelques kilomètres en véhicule !

Partant de ce constat , pour faire face à cette situation inédite (1), s'est dessiné un projet dit de « transition ». Officiellement, il semble être parti d'une petite ville du sud de l'Angleterre qui a pour nom Totnes.

 

Le but est de préparer – on parle de résilience (2) – la population à une situation sans pétrole. Les deux premiers objectifs poursuivis par la transition sont l'autonomie alimentaire et l'autonomie énergétique. Exprimé autrement, il s'agit de relocaliser l'économie et les emplois. Les circuits courts entre la production et la consommation doivent être remis sur pied. Sur le plan énergétique qui est conditionné par une descente énergétique très importante (3), le but est d'acquérir aussi l'autonomie énergétique et de se réorienter, par conséquent, vers une décentralisation de celle-ci. La transition s'occupe aussi d'habitat puisque une des sources principales d'économies d'énergie se situe dans le bâtiment ( source ADEME). Cependant, loin s'en faut, le bâtiment n'est pas concerné par le seul problème de consommation excessive d'énergie . Il est source de pollution tant par les matériaux(4) qu'il utilise que par la façon dont ils sont assemblés. Dans leur utilisation, enfin, les bâtiments posent problèmes avec notamment le rejet des eaux usées (eaux grises , eaux vannes). Il ne faut pas perdre de vu que même si les systèmes d'assainissement collectif ont constitué un progrès indéniable, en terme de santé publique, ils ne constituent pas non plus la panacée. Les stations d'épurations – lorsqu'elles existent – n'arrivent à traiter en réalité que 50 % des rejets. Le reste, l'autre moitié, part directement dans la nature ! Il faut donc trouver des améliorations . L'habitat se doit donc de trouver ces réponses alternatives . Elles existent.

 

L es rencontres de Mérindol, en cette année 2012, se situent donc dans cette double démarche de la transition et de ce qui en constitue un complément très important : la définition d'un nouvel habitat permettant de vivre mieux et en meilleure santé grâce à un habitat plus sein et moins polluant .

 

(1) Pour avoir à la fois une vision assez précise et -en plus – ludique des conséquences du renchérissement puis de la disparition du pétrole, nous vous conseillons le site de la coopérative Bretonne « Sous le Pavé » ( la vidéo de leur spectacle «  on n'a pas de pétrole et on n'a pas d'idée non plus » est momentanément indisponible mais vous pouvez toujours les contacter pour en savoir plus)

 

(2) La résilience est la capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction.

 

(3) Voir le site Négawatt pour mesurer toutes les marges très importantes qui existent pour réduire la consommation énergétique.

 

(4) Le problème de l'amiante est caractéristique de la grave dangerosité des matériaux pouvant servir à l'édification des bâtiments construits. D'autres sources de pollution- à priori, un peu moins graves – existent comme les colles et autres produits dégageant des formaldéhydes nocifs pour la santé. Ceux-ci sont, par exemple, dans les isolants , les structures en bois aggloméré etc. Plus généralement, la présence de produits trop étanches comme le ciment , la pierre, le non respect de certaine règles de construction permettant, par exemple, la perspirance ont conduit à la construction de bâtiments malsains du fait de leur humidité . Celle- ci est la sources de développement des moisissures qui peuvent causer des affections pas forcément bénignes.

 

Définition de la perspirance: Une maison doit respirer comme une peau ( on prend souvent l'image du vêtement en goretex). Cette faculté de respiration est fonction de la capacité des matériaux qui sont utilisés dans les parois des maisons, à laisser transiter la vapeur d'eau. Cette faculté est définie par les termes de perspirance ou encore de perméance. Les matériaux doivent être aussi hygroscopiques pour être capable de stocker l'eau et restituer, le moment venu, la partie non évacuée à l'extérieur. Il faut noter que la maison reste étanche à l'air -pour éviter les déperditions thermiques- la molécule d'air étant plus gosse que la molécule de vapeur d'eau.

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