Atelier de construction d’un four en terre-paille

 
  La construction d'un four en terre

            (Fête du pain à Lus la croix haute Drôme le dimanche 4 juillet 2010)

Ce four en terre ne nécessite pas de compétences particulières . Il nécessite juste un peu « d'envie de faire » où autrement dit d'un peu de passion. C'est une approche possible d'un matériaux essentiel à l'homme sur tous les plans: la terre . Cette terre qui produit la nourriture, la terre que l'on utilise dans l'habitat et dont on retrouve petit à petit les vertus après « être passé » par des matériaux qualifiés de "modernes" mais pas aussi efficaces, mals utilisés, souvent peu sains , difficilement recyclables et consommant bien trop d'énergie à leur fabrication et/où à leur transport.

 

Cette terre trop  souvent abimée, livrée aux appétits des décideurs productivistes (aménageurs de zones commerciales, d'activités etc…) alors que des paysans ne trouvent pas de surfaces de culture pour s'installer. Cette terre si difficile a récréer puisque il faut -en moyenne- 500 à 600 années pour « refaire » de la bonne terre arable à partir d'une terre dévastée!

 

                                     Le stage

 

Le four est construit selon les principes de l'architecture vernaculaire . C'est à dire qu'il utilise les matériaux trouvés sur place (terre , paille de blé, sciure , sable,eau !) dits matériaux de cueillettes . La terre en particulier a été trouvée derrière la grange qui se trouve à 100 mètres du chantier.
 

  Brice, l'animateur

 

Le four réalisé est un petit four transportable sur un châssis en bois que l'on peut fabriquer de toute pièce . On peut aussi -comme dans notre cas- utiliser une palette solide (pas de palette perdue dont la structure et le bois sont trop fins).

Le four est constitué d'un plancher que l'on nomme la sole et d'une voute fermée par une porte en bois.

                                            

                                        Phase 1: la sole

Elle est constituée de 3 couches bien distinctes réalisées successivement . L'épaisseur totale est de 20 cm.

 

1ère couche:

C'est la couche isolante qui mesure 10 cm d'épaisseur . La couche qui est en contact avec le socle en bois ( la palette).Elle est constitué d'un mélange de paille et de terre dans les proportion un volume de terre pour 4 volumes de paille . La terre se présente sous la forme d'une barbotine ( terme de potier) . Il s'agit donc d'un mélange plutôt liquide ayant la consistance d'une patte à crêpe un peu épaisse. Il est préférable, de préparer le mélange de cette barbotine avec la paille la veille de la construction de la sole pour assurer une meilleure cohésion de cette couche isolante.

2ème couche:

C'est une couche à la fois isolante et donnant de l'inertie. La proportion du mélange est de 1 volume de sciure pour 1 volume de terre.

3eme couche :

C'est la couche du dessus. La partie visible de la sole qui sera en contact avec le feux (puis les plats!). C'est une couche donnant de l'inertie. C'est à dire qu'elle est faite surtout pour accumuler la chaleur . La proportion de terre est donc beaucoup plus importante que dans la 1ere couche. La proportion du mélange est de 3 volumes de sable pour un volume de terre .
Pour constituer cette sole, on fait un coffrage autour de la palette . A l'intérieur du coffrage tout autour, on trace des trais correspondants à la hauteur des 3 couches qui seront empilées de façon a assurer une épaisseur constante des couches.

Nota : Pour faciliter l'évacuation des braises on réalise une sole en pente. La différence de hauteur est de 2 cm. La partie la plus basse sera donc du côté porte !

 

                                      Phase 2 : la voute

 

Il faut réaliser d'abord la forme de la voute. Elle est faite avec du sable un peu humide. Dans le cas qui nous intéresse, on a réalisé une forme un peu allongée pour augmenter la surface de cuisson. La voute est réalisée à partir de la porte. La hauteur de cette dernière correspond au 2/3 de la hauteur du Dôme.

 

   

Deux témoins de hauteurs sont utilisés  (baguettes de bois fines où un bout de   canne).

Un est situé à 10 cm de la porte ( une fine tige d'une trentaine centimètre de long).. L'autre est mis en place au niveau de l'emplacement de la future cheminée. Les témoins sont introduits dans le sable  jusqu'à la sole du four.
Le dôme de sable sera évacué après séchage du four dans une quinzaine de jours. Pour faciliter l'enlèvement du sable on met en place sur le dôme, du papier journal mouillé Ce papier sert de repère . (Quand on peut lire les nouvelles, c'est que l'on a atteint la paroi interne du four !)
 

 

Deux témoins de hauteurs sont utilisés (baguettes de bois fines où un bout de   canne). Un est situé à 10 cm de la porte (une fine tige d'une trentaine centimètre de long).. L'autre est mis en place au niveau de l'emplacement de la future cheminée. Les
témoins sont introduits dans le sable  jusqu'à la sole du four.
Le dôme de sable sera évacué après séchage du four dans une quinzaine de jour. Pour faciliter l'enlèvement du sable on met en place sur le dôme, du papier journal mouillé Ce papier sert de repère . (Quand on peut lire les nouvelles, c'est que l'on a atteint la paroi interne du four !)

Une fois la forme du dôme réalisée comme indiqué ci-dessus on réalise la voute proprement dite. Celle ci est réalisée en 3 couches semblables à celles réalisées pour la sole. L'épaisseur totale est aussi de 20 cm.
 

 

                                                             

 

                                                            

 

                            

1ere couche :

Elle mesure 5 cm d'épaisseur . Elle est constitué de sable (2 volumes) et de terre (1 volume). La terre utilisée doit être exemptes d'impuretés végétales (racines etc…) car lors de la chauffe du four se créeraient des trous (à la place des impuretés !) qui nuiraient à la solidité de la voute. La terre sera donc soigneusement triée. Le mélange terre sable ne doit pas avoir beaucoup d'eau.

 

On profite lorsque l'on est sur la partie opposée à la porte pour mettre en place la cheminée. Elle sera maintenue à l'aide de la 1ere couche. La forme de la pièce de bois permettant de réserver l'emplacement de la cheminée est un peu conique. Cela facilite l'enlèvement de la pièce après séchage .

2ème couche :

Sont épaisseur est aussi de 5 cm comme pour la sole, cette couche joue un rôle intermédiaire entre le fait qu'elle apporte de l'inertie tout en jouant un peu un rôle d'isolant . Elle joue aussi un rôle structurant puisque le mélange de fibres et de terre solidifie la structure.
 

 

Remarque importante :

pour respecter l'épaisseur, on procède par couches successives de faible hauteur que l'on empile les unes sur les autres comme s'il s'agissait de briques rectangulaires . On monte ainsi les couches jusqu'au sommet du dôme .
 

3ème couche :

Comme pour la sole c'est la couche isolante. Elle est la plus épaisse. Son épaisseur est de 10 cm. La proportion est identique à celle utilisée pour la sole (4 volumes de paille pour 1 volume de barbotine)

 

Il ne reste plus qu'à attendre le séchage qui s'effectue sur quinze jours (sauf climat
exceptionnellement humide !)

Un fois se temps passé, la porte du four sera délicatement levée , le sable sera sorti laissant place à la voute « journalistique » (on gratte jusqu'aux journaux !) .On procèdera de même pour la cheminée !
On utilise le sable support de la voute pour faire un enduit de protection à la chaux sur le four….. mais tout ceci fera l'objet d'une suite…

bientôt …

 

                                                                                                                                                                                  

                                                                                     

                                                                                                    jojo       

3 thoughts on “Atelier de construction d’un four en terre-paille

  1. Pingback: Eco Yoga Farm/Volontariat: construction d’un four en terre (mud oven) | A l'aventure ...

  2. J'apprécie beaucoup cette technique qui consiste à réaliser un four en terre car cette initiative entre en droite ligne dans le développement durable. Pour des pays comme les nôtres qui recèlent des gens en manque de moyens, elle a sa place toute prête. J'avoue que je suis très ravi de cette large diffusion à travers l'internet. Je vous encourage et souhaite garder contact avec vous dans le cadre de l'association que je suis en train d'initier. 

    Merci et à bientôt

    Jérôme NZALLY Tél: 00221 450 33 81

                         Email: nzallyjr@yahoo.fr

     

    • Nous sommes ravi que notre reportage vous convienne. Cela dit, sur le site se trouve relaté  l’experience de la construction d’un autre type de four dit à post combustion. Ce four est un prototype qui mérite d’être développé: http://www.moins2watts.fr/?p=33

      Restant à votre disposition 

      Fraternellement et solidairement

      le 15 avril 2014

      Jojo

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