Le retour des Paysans ?

Il est grand temps que l'exploitant  agricole laisse la place aux paysans  pour revenir vers des pratiques respectueuses de la nature  et de la santé des hommes. 

Vous trouverez ci-après le compte rendu de Lydia et Claude et BOURGUIGNON respectivement docteur ès (en) science et agronome de leur état . (conférence du 22 janvier 2011 au domaine de Sulauze à Istres dans les Bouches-du-Rhône)

La naissance de l'agriculture, remonte à 10 000 ans. Depuis cette époque, 2 milliards d'hectares de déserts ont été crées. Durant le dernier siècle les déserts se sont étendus de façon formidable et même exponentielle puisque c'est 1 milliard de terres cultivables qui a été détruit.

L'érosion des sols par le vent et l'eau entraine chaque année la désertification de 4 millions d'hectares. L'irrigation entraine chaque année la salinisation de 8 millions d'hectares. Ce sont donc chaque année, 12 millions d'hectares de terres cultivables qui disparaissent . Nos assistons à une véritable accélération de l'érosion. La vigne et l'olivier, ces deux cultures ancestrales qui n'ont pas besoin d'irrigation font aujourd'hui l'objet d'un arrosage ! L'irrigation est la cause principale de la désertification des sols. Depuis les années 80 où nous perdions en France 10 tonnes de terre par hectare et par an nous en sommes aujourd'hui à 40 tonnes. Les USA en sont actuellement à 200 tonnes de terre arable perdues par hectare et par an.

Sur le plan forestier, si la foret Française se porte bien, il n'en va de même dans le reste du monde puisque chaque année, 12 millions d'hectares de forêt disparaissent .

Si l'on regarde de façon plus pointu la gestion par les hommes de leur patrimoine nous avons confirmation que celle-ci est  négative. Si on prend l'exemple de l'aéroport de ROISSY en région Parisienne , il faut savoir qu'il est implanté sur la zone de FRANCE qui a la plus grande profondeur de sol arable! L'expansion des villes quand à elles dans le monde privent chaque année les êtres humains de 5 million de terres cultivables!

Le bilan : Il nous reste 1,5 milliards d'hectares de terre pouvant nourrir 6,8 milliards d'individus. Chaque habitant a une surface de 2500 m2 de terre pour se nourrir. Le problème est que les pays développés consomment 6000 m2 par habitant soit 2,4 fois plus que ce à quoi ils ont droit!

Tour d'horizon

On a coutume de dire que L'AMAZONIE est le poumon de la planète. Mais la forêt n'est pas que cela . Elle permet la constitution des nappes phréatiques. Avec la disparition accélérée des surfaces forestières, c'est donc autant de ressources en eau potables qui disparaissent .

Il n'y a pas de mauvaise herbes. La nature est bien faite et chaque plante joue sont rôle.

Les rivières boueuses après les fortes pluies dont ne nous étonnons plus sont en fait le signe de l'érosion anormale des sols. La terre a perdu sa cohérence, elle se désagrège . Après chaque pluie ce sont des milliards de tonnes de sédiments qui sont entrainés dans les rivières, les fleuves et les mers. Et avec eux, tout ce qui constitue la richesse des sols: calciums, phosphates, argiles. Les éléments nourriciers! 

A chaque forte pluie, la terre perd un peu plus de sont capital!

Dans le passé, il existait un soucis de la protection des sols : on a retrouvé dans des champs cultivés de tout temps des traces d' éléments de drainage datant de l'époque romaine. Il a été retrouvé aussi des fagots de bois , enfouis dans le sol, emboités les uns dans les autres dont le rôle était d'assurer le drainage de l'eau . Preuves que par le passé le soucis de protéger le sols du lessivage était bien pris en compte .

La terre manque de soin. La terre fait, en fait, l'objet de toute notre inattention! Elle est déstructurée, elle est devenue trop souvent pulvérulente (réduite en poudre). L'image d'un tracteur labourant dans la poussière nous est , elle aussi, devenue coutumière alors que – là aussi -comme pour la boue des rivières, elle doit être interprétée comme le signe d'une destruction.

la terre poudreuse est un signe de sa déstructuration.

L'agriculture pétrochimique utilise des engrais azotés pour nourrir les plantes qui sont dans les sols dont l'état est celui décrit sommairement plus haut. Hors, avec les années, on constate la baisse régulière du rendement à l'hectare de ces engrais.

Les engrais ont la réputation d'augmenter les rendements. Ce n'est vrai qu'en partie. En réalité, ils ont une action minéralisante de la matière organique contenue dans le sol. La matière organique représentait 4% de la composition des sols au début de l'agriculture. Aujourd'hui, elle n'en représente plus que 1,5%.Il faut donc rajouter des substances.

La disparition de la matière organique  entraine la détérioration de la terre. C'est en effet, elle, qui nourrit la faune. Cette faune joue un rôle mécanique avec en particulier un élément de celle ci , les vers de terre qui remontent la terre . Un des résultats important du travail de la faune est notamment celui d'aérer la terre . Celle- ci a un pouvoir d'absorption démultiplié qui explique son rôle majeur dans la constitution des nappes aquifères.

Comme pour les forêts, la disparition des terres arables a un impact direct sur la disparition des ressources en eau.

L'autre aspect négatif de l'utilisation de substance rajoutée pour tenter de compenser la perte de matière organique est la production de nitrates en trop grande quantité. Leur élévation est tellement importante que le législateur a changé le seuil de taux de nitrate dans l'eau potable. De 30 milligrammes maximum par litre d'eau qui étaient le maximum admissibles en 1980, nous sommes passés aujourd'hui à 50 milligrammes par litre d'eau.

L e sol

Le sol est une substance complexe vivante . L'agriculture, qualifiée de moderne, s'est développée dans l'ignorance totale de ce vivant. Elle  a détruit le vivant,  le minéral et l'organique .

Le sol est un complexe argilo-humique . Il garde sa cohérence notamment grâce au calcium qu'il contient et aux forces électrostatiques qui en sont le siège. Il est le lieu d'une intense vie car un sol en bonne santé est occupé par une faune qui se répartie sur différents étages du sol et qui lui permet de se régénérer, de vivre .

  • la faune épigée qui vit à la surface du sol et qui mange la litière et tous les déchets organiques qui sont en surface. Elle est la source de l’humus dans les sols. Exemple : les acariens .

 

  • la faune anécique. Ce sont les vers de terre qui aèrent et brassent le sol de la surface vers le fond. Exemple : le ver l'Allobophora et le ver Eisenia.

 

  • La faune endogée qui vit en profondeur et qui mange les racines mortes. Elle assure l’aération du sol permettant ainsi aux racines de s’enfoncer. Sa présence est indicatrice de bonne santé du sol. Exemple : la collembole.

La faune du sol digère les différents éléments organiques pour les transformer en humus . Chaque animal a un rôle précis . La collembole, par exemple, mangera la partie tendre d'une feuille . L'acarien lui préférera les parties dures . Tout ce petit monde crée en permanence des boulettes fécales qui constituent le sol. Dans un sol naturel, chaque milligramme de terre passe en moyenne tous les 10 ans par un tube digestif ! ( un sol sain est en fait un champ de merde !). Ces sols naturels, vivants, ont un pouvoir d'absorption d'eau remarquable . Les sols agricoles « industriels » ont en comparaison une capacité d'absorption de l'eau 150 fois plus petite.

La forêt est capable de se gérer elle même de façon complètement autonome . La perte des feuilles et autre éléments que perdent les arbres tombent sur le sol. Ceux ci sont transformés par l'action de la faune, les bactéries et les champignons en éléments nutritifs que les arbres utilisent pour se nourrir et grandir .En outre, les arbres sont capables d'aller chercher l'eau et des éléments nutritifs dans des profondeurs extrêmement importantes. L'enracinement le plus profond a été mesuré avec une variété de chêne dont on  a pu mesurer la longueur de ces racines . Ces racines étaient descendues à 150 mètres dans la roche! Lors d'un Paris-Dakar, un arbre poussant dans le désert du Ténéré a été victime d'un véhicule. Les scientifiques ont mesuré sont enracinement. Il était de 40 mètres !

Le système de racine des végétaux est extrêmement puissant. Il s'attaquent à la roche et sous l'action des acides que la racine est capable de secréter la transforme en argile .Un pied de blé est capable de produire 200 km de racines. A raison de 200 pieds de blé au m2, quand vous êtes dans un champ de blé, (à éviter pour ne pas coucher les blés!) vous avez sous vos pieds, un réseau de vie de 400 millions de km de longueur !

Dans tout ce système complexe vivant du sol, les vers de terre jouent un rôle déterminant. En effet, ils possèdent une glande dite marrene qui permet l'assemblage argilo-calcaire indispensable à la constitution des sols cultivables (c’est dans l’intestin des vers de terre que l’humus et l’argile seront attachés pour former le complexe argilo-humique ). Il évitent le lessivage des sols, ou autrement dit, la descente des éléments fins dans les profondeurs . Sans leur action, les argiles se retrouveraient en profondeur. Ils ont une action sur la porosité des sols indispensable à l'absorption de l'eau et l'action de l'oxygène dans la transformation des matières organiques en éléments nutritifs.

L'action des vers de terre est complétée par celle des bactéries et des champignons. La quantité de microbes est normalement de l'ordre de 2 à 3 tonnes par hectare. Leur action peut être comparée au travail équivalent que feraient mille hommes par hectare. Le système vivant est deux fois plus performant que le système industriel. Il a en outre la remarquable capacité de produire lui même les éléments nutritifs tels que l'azote, le potassium le phosphate.

En tuant les sols et ce qu'il y avait de vivant dedans, l'agriculture industrielle a fait le choix de supprimer tout le travail gratuit que faisait la faune et les micros organismes pour le remplacer par un surcroit de travail mécanisé consommant de l'énergie -inutilement- et produisant du co2 ( Un labour dégage en moyenne 1tonne de CO2 / hectare / an) .

Elle a, dû produire l'azote, le phosphate, le potassium qu'elle a interdit à la nature de produire gratuitement . Et cela avec grande dépense énergétique polluante et destructrice . ( voir par exemple la catastrophe AZF de Toulouse )

Le système vivant est deux fois plus performant que le système industriel.

Fin de la conférence

nota: la conférence a fait un point sur la culture en biodynamie  ainsi que sur la réhablitation et la clture des sols par les techniques du BRF et du Mulch . Ces sujets pourront faire l'objet d'autres articles.

Le site est d'ailleurs ouverts à tous ceux qui voudraient apporter leur contribution.

Conclusion:

La France a fait le choix d'un agriculture niant le vivant. Elle a  décidé de nourrir les hommes dans l'ignorance de la terre et en détruisant ceux qui y vivent. Un grand spécialiste de l'agriculture, Marc Dufumier, explique que "notre" mode de culture productiviste mis au point après la guerre,  considère la terre comme un laboratoire. Autrement dit, le sol doit être un élément aseptisé (stérilisé) sur lequel on apportera absolument tout ce qui est nécessaire à la culture. Il n'y a plus, à proprement parler, de terre nourricière. La terre n'est plus qu'un support que l'on vient nourrir et soigner de l'extérieur aux moyens d'intrants ( produits phytosanitaires).

Ces pratiques ont pour effet de détruire la faune et la terre tout en empoisonnant les hommes. Ce sont des pratiques inutilement dispendieuses en énergies et en production de gaz à effet de serre.

Il est temps de profiter des connaissances nouvellement acquises, pour permettre aux sols de retrouver le vivant et  permettre une agriculture saine  et variée.

En post conclusion, nous pouvons dire que notre société a agit dans le domaine de la production de la nourriture comme dans tous les autres domaines. Le peu d'égard que nous avons vis à vis du vivant, nous a entrainé vers  des solutions qui finissent par se révéler catastrophiques.

Mais peut-on raisonnablement s'en étonner ?

 

Jojo

Nb: merci à ma petite Maman,Simone, pour sa relecture .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *