Etats généraux de l’économie sociale et solidaire

Du 17 au 19 juin prochain se tiendront les Etats généraux de l’économie sociale et solidaire (ESS) au Palais Brongniart (l’ancienne Bourse de Paris).

C'est quoi l'économie sociale et solidaire ?

Nous pourrions être tentés  de la définir, dans un raccourci abrupt, comme étant  le contraire de l'économie que nous subissons depuis des dizaines d'années. C'est une économie qui est fondée sur la coopération et non sur la mise en concurrence prétendument libre et non faussée, promue par les tenants de la société libérale ( ou ultra libérale). Elle est fondée sur la solidarité au lieu du "chacun pour soi".
 (un bel oxymore avec le mot société!)
Pour être plus précis, l’économie sociale et solidaire regroupe des structures qui se définissent comme des groupements de personnes et non de capitaux. On y distingue généralement : les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations. Elles bénéficient généralement d’un ancrage territorial fort et préservent des projets de délocalisation. Elles ont en commun des principes de gouvernance démocratiques : « une personne = une voix ». L’ESS promeut également des valeurs humanistes telles que la recherche du bénéfice collectif, l’utilité sociale et la solidarité (terme à ne pas confondre avec la générosité ou la philanthropie).

Son importance en France:

L'économie sociale et solidaire représente 2,3 millions d'emplois en France soit près de 10 % des emplois, dans des secteurs aussi divers que le commerce équitable, les entreprises d'insertion, le tourisme social, les régies de quartier, l'agriculture de proximité, la culture, l'éducation, les coopératives, les services de proximité…

Entre 2006 et 2008, l'ESS révèle la plus forte progression d'emplois et d'établissements.

Perspective:

Dans son livre "Capitalisme ou Démocratie , l'alternative du XXI ème siècle"(Edition  grasset) Marc FLEURBAEY (1) pense que l' économie sociale et solidaire est appelée à prendre le relais de l'économie capitaliste.

Ménage à faire:

Dans le lot des entreprises se réclamant de l'ESS, on trouve des sociétés dont les politiques s"éloignent fortement des valeurs de l'ESS. La Caisse d'Epargne et de Prévoyance, par exemple, a fusionné avec le groupe NATIXIS . Elle est ainsi mêlée à la sphére spéculative financière avec les dégats économiques et surtout sociaux que l'on connait. Le mouvement de l'ESS doit donc, sous peine de perdre de sa force et de sa crédibilité, se débarasser des "brebis galeuses" qui entachent son image.

(1) Marc FLEURBAEY  est économiste , Philosophe et Directeur de recherche au CNRS.

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