La transition énergétique au quotidien

Forum ouvert à tous : 14 et 15 novembre,  salle Agora à Maussane

Entrée libre

Vendredi 14 novembre 2014:
A 9h : dans la salle Agora, réunions pour les élus, les techniciens, les associations et acteurs de la transition énergétique
A 9h30 : visites et découverte de réalisations remarquables :
 A Eygalières, deux constructions écologiques et bioclimatiques (puits provençal, toiture végétalisée, mur Trombe …) au domaine de l’Olivette, et aux Sentiers de l’Abondance,   rendez-vous à 9h30 sur le parking de la salle polyvalente.
A Saint Etienne du Grès, l’isolation par un mur en pisé, rendez-vous à 9h30 à la  cave de Trévallon, avenue Notre-Dame du Château à  Saint- Etienne du Grès.
A Maussane les Alpilles, maison écologique avec ………….., rendez vous à la salle Agora.
Inscription obligatoire au 06 26 80 35 92
A 11h45 : ouverture officielle suivi d’un apéritif.
A 14h : conférence: Quels modes de vie pour demain ? Vision énergie climat 2030-2050 par Michel Gioria, Directeur adjoint de l’ADEME.
 De 14h30 à  17h30 : Ateliers et stands ouverts à  tous
S’informer. Découvrir un prototype de véhicule électro-solaire. Fabriquer un chauffe-eau solaire. Isoler, rénover, chauffer son habitation. Recycler textiles et cartons. Cuisiner autrement. Jardiner autrement. Participer à un atelier de Land-Art.  Pendant la durée du forum, exposition des oiseaux de Christian Glize
A 17H30 : Échanges autour de l’économie circulaire avec François- Michel Lambert, député, fondateur et président de l’institut de l’économie circulaire.
A 19h30 : dégustation de la disco soupe préparée par les enfants et de produits locaux (participation aux frais : 5 euros)
A 20h30 : débat, les citoyens dans la transition énergétique avec Thierry Salomon, président de Négawatt

Samedi matin 15 novembre 2014:
A 9h30 : visites à Eygalières et Maussane (voir ci-dessus)
De 9h30 à 11h30  : ateliers et stands ouverts à tous.
De 11h à 12h30 : table ronde  de clôture les parcs naturels régionaux, territoires d’expérimentation ?

Vous pouvez consulter le programme détaillé sur le site : http//www.amisdesparcs.fr/

Affiche_Forum_trans_energ_COR

Télécharger l'affiche au format Pdf :

http://moins2watts.fr/Docs/PDF/Forum_trans.pdf

 

Les rencontres Écocitoyennes de Mérindol (Vaucluse) se déroulent sur le thème de la transition.

Vous avez dit transition ?

Dans les années soixante, un géologue du nom de Hubert prévoyait que la production de pétrole allait arriver à son maximum (toute forme de pétrole confondue: nappe , pétrole et gaz de schiste,  sables bitumineux  etc…). Il faut souligner, qu'à cette époque, le géologue passa plutôt pour un illuminé  (à la lampe à pétrole sans doute ?). De nombreux experts de l'époque pensaient, que les réserves  étaient inépuisables ou presque. Hors  les faits sont là (têtus comme à l'accoutumée!)! Hubert avait raison. Aujourd'hui, la capacité de production a atteint son maximum . Le pic de Hubert est atteint. Le premier ministre Fillon l'a reconnu lors d'une séance de l'assemblée nationale au printemps 2011 . Sa déclaration était notamment étayée par les travaux d'un ingénieur en énergie Benoit Thévard. Ce dernier a mis en relation et étudié les nombreuses études des différents organismes qui étudient les réserves pétrolières ( une vingtaine d'organismes internationaux). La conclusion  est sans appel. Depuis 2009 , environ, les capacités de production de pétrole  présentes et à venir ne correspondent plus à la demande de consommation mondiale. En clair, les quantités de pétrole vont se réduire progressivement. D'ici une cinquantaine d'année les réserves de pétrole seront épuisées. D'ici là, le prix du baril de pétrole sera tellement élevé qu'il sera d'un luxe inouï de faire quelques kilomètres en véhicule !

Partant de ce constat , pour faire face à cette situation inédite (1), s'est dessiné un projet dit de « transition ». Officiellement, il semble être parti d'une petite ville du sud de l'Angleterre qui a pour nom Totnes.

 

Le but est de préparer – on parle de résilience (2) – la population à une situation sans pétrole. Les deux premiers objectifs poursuivis par la transition sont l'autonomie alimentaire et l'autonomie énergétique. Exprimé autrement, il s'agit de relocaliser l'économie et les emplois. Les circuits courts entre la production et la consommation doivent être remis sur pied. Sur le plan énergétique qui est conditionné par une descente énergétique très importante (3), le but est d'acquérir aussi l'autonomie énergétique et de se réorienter, par conséquent, vers une décentralisation de celle-ci. La transition s'occupe aussi d'habitat puisque une des sources principales d'économies d'énergie se situe dans le bâtiment ( source ADEME). Cependant, loin s'en faut, le bâtiment n'est pas concerné par le seul problème de consommation excessive d'énergie . Il est source de pollution tant par les matériaux(4) qu'il utilise que par la façon dont ils sont assemblés. Dans leur utilisation, enfin, les bâtiments posent problèmes avec notamment le rejet des eaux usées (eaux grises , eaux vannes). Il ne faut pas perdre de vu que même si les systèmes d'assainissement collectif ont constitué un progrès indéniable, en terme de santé publique, ils ne constituent pas non plus la panacée. Les stations d'épurations – lorsqu'elles existent – n'arrivent à traiter en réalité que 50 % des rejets. Le reste, l'autre moitié, part directement dans la nature ! Il faut donc trouver des améliorations . L'habitat se doit donc de trouver ces réponses alternatives . Elles existent.

 

L es rencontres de Mérindol, en cette année 2012, se situent donc dans cette double démarche de la transition et de ce qui en constitue un complément très important : la définition d'un nouvel habitat permettant de vivre mieux et en meilleure santé grâce à un habitat plus sein et moins polluant .

 

(1) Pour avoir à la fois une vision assez précise et -en plus – ludique des conséquences du renchérissement puis de la disparition du pétrole, nous vous conseillons le site de la coopérative Bretonne « Sous le Pavé » ( la vidéo de leur spectacle «  on n'a pas de pétrole et on n'a pas d'idée non plus » est momentanément indisponible mais vous pouvez toujours les contacter pour en savoir plus)

 

(2) La résilience est la capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction.

 

(3) Voir le site Négawatt pour mesurer toutes les marges très importantes qui existent pour réduire la consommation énergétique.

 

(4) Le problème de l'amiante est caractéristique de la grave dangerosité des matériaux pouvant servir à l'édification des bâtiments construits. D'autres sources de pollution- à priori, un peu moins graves – existent comme les colles et autres produits dégageant des formaldéhydes nocifs pour la santé. Ceux-ci sont, par exemple, dans les isolants , les structures en bois aggloméré etc. Plus généralement, la présence de produits trop étanches comme le ciment , la pierre, le non respect de certaine règles de construction permettant, par exemple, la perspirance ont conduit à la construction de bâtiments malsains du fait de leur humidité . Celle- ci est la sources de développement des moisissures qui peuvent causer des affections pas forcément bénignes.

 

Définition de la perspirance: Une maison doit respirer comme une peau ( on prend souvent l'image du vêtement en goretex). Cette faculté de respiration est fonction de la capacité des matériaux qui sont utilisés dans les parois des maisons, à laisser transiter la vapeur d'eau. Cette faculté est définie par les termes de perspirance ou encore de perméance. Les matériaux doivent être aussi hygroscopiques pour être capable de stocker l'eau et restituer, le moment venu, la partie non évacuée à l'extérieur. Il faut noter que la maison reste étanche à l'air -pour éviter les déperditions thermiques- la molécule d'air étant plus gosse que la molécule de vapeur d'eau.

Les rencontres écocitoyennes de MÉRINDOL (Vaucluse)

Les rencontres Eco-citoyennes de Mérindol

se déroulent sur le thème de la transition.

 

" Vivre et habiter autrement "

 

voir le programme

 

Vous avez dit transition ?

 

Dans les années soixante, un géologue du nom de Hubert prévoyait que la production de pétrole allait arriver à son maximum ( toute forme de pétrole confondue : nappe , pétrole et gaz de schiste,  sables bitumineux  etc…). Il faut souligner, qu'à cette époque, le géologue passa plutôt pour un illuminé  ( à la lampe à pétrole sans doute ? ). De nombreux experts de l'époque pensaient, que les réserves  étaient inépuisables ou presque. Hors  les faits sont là ( têtus comme à l'accoutumée!) ! Hubert avait raison. Aujourd'hui, les capacités de production au travers du monde ont atteint leur maximum. Le pic de Hubert est atteint. Le premier ministre Fillon l'a reconnu lors d'une séance de l'assemblée nationale au printemps 2011 . Sa déclaration était notamment étayée par les travaux d'un ingénieur en énergie Benoit Thévard. Ce dernier a mis en relation et étudié les nombreuses études des différents organismes qui étudient les réserves pétrolières ( une vingtaine d'organismes internationaux). La conclusion  est sans appel. Depuis 2009 , environ, les capacités de production de pétrole  présentes et à venir ne correspondent plus à la demande de consommation mondiale. En clair, les quantités de pétrole vont se réduire progressivement. D'ici une cinquantaine d'année les réserves de pétrole seront épuisées. D'ici là, le prix du baril de pétrole sera tellement élevé qu'il sera d'un luxe inouï de faire quelques kilomètres en véhicule !

Partant de ce constat , pour faire face à cette situation inédite (1), s'est dessiné un projet dit de « transition ». Officiellement, il semble être parti d'une petite ville du sud de l'Angleterre qui a pour nom Totnes.

 

Le but est de préparer – on parle de résilience (2) – la population à une situation sans pétrole. Les deux premiers objectifs poursuivis par la transition sont l'autonomie alimentaire et l'autonomie énergétique. Exprimé autrement, il s'agit de relocaliser l'économie et les emplois. Les circuits courts entre la production et la consommation doivent être remis sur pied. Sur le plan énergétique qui est conditionné par une descente énergétique très importante (3), le but est d'acquérir aussi l'autonomie énergétique et de se réorienter, par conséquent, vers une décentralisation de celle-ci. La transition s'occupe aussi d'habitat puisque une des sources principales d'économies d'énergie se situe dans le bâtiment ( source ADEME). Cependant, loin s'en faut, le bâtiment n'est pas concerné par le seul problème de consommation excessive d'énergie . Il est source de pollution tant par les matériaux (4) qu'il utilise que par la façon dont ils sont assemblés. Dans leur utilisation, enfin, les bâtiments posent problèmes avec notamment le rejet des eaux usées (eaux grises , eaux vannes). Il ne faut pas perdre de vu que même si les systèmes d'assainissement collectif ont constitué un progrès indéniable en terme de santé publique, ils ne constituent pas non plus la panacée. Les stations d'épurations – lorsqu'elles existent – n'arrivent à traiter que  guère  plus de 50 % des rejets. Le reste, l'autre moitié, part directement dans la nature ! Il faut donc trouver des améliorations . L'habitat se doit donc de trouver ces réponses alternatives . Elles existent.

 

Les rencontres de Mérindol, en cette année 2012, se situent donc dans cette double démarche de la transition et de ce qui en constitue un complément très important : la définition d'un nouvel habitat trés économe en énergie . Un habitat permettant de vivre mieux et en meilleure santé grâce à des logements ( rénovés et / ou construits)  plus seins et moins polluants .

 

(1) Pour avoir à la fois une vision assez précise et – en plus – ludique des conséquences du renchérissement puis de la disparition du pétrole, nous vous conseillons le spectacle  de la coopérative Bretonne Sous le pavé. ( la vidéo de leur spectacle  " faim de pétrole")

 

(2) La résilience est la capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction.

 

(3) Voir le site Négawatt pour mesurer toutes les marges très importantes qui existent pour réduire la consommation énergétique.

 

(4) Le problème de l'amiante est caractéristique de la grave dangerosité des matériaux pouvant servir à l'édification des bâtiments construits. D'autres sources de pollution- à priori, un peu moins graves – existent comme les colles et autres produits dégageant des formaldéhydes nocifs pour la santé. Ceux-ci sont, par exemple, dans les isolants , les structures en bois aggloméré etc. Plus généralement, la présence de produits trop étanches comme le ciment , la pierre, le non respect de certaine règles de construction permettant, par exemple, la perspirance ont conduit à la construction de bâtiments malsains du fait de leur humidité . Celle- ci est la sources de développement des moisissures qui peuvent causer des affections pas forcément bénignes.

 

 

Définition de la perspirance: Une maison doit respirer comme une peau ( on prend souvent l'image du vêtement en goretex). Cette faculté de respiration est fonction de la capacité des matériaux qui sont utilisés dans les parois des maisons, à laisser transiter la vapeur d'eau. Cette faculté est définie par les termes de perspirance ou encore de perméance. Les matériaux doivent être aussi hygroscopiques pour être capable de stocker l'eau et restituer, le moment venu, la partie non évacuée à l'extérieur. Il faut noter que la maison reste étanche à l'air -pour éviter les déperditions thermiques- la molécule d'air étant plus gosse que la molécule de vapeur d'eau.

Le temps du monde fini, vers l’après-capitalisme. Un livre de Geneviève Azam.

Un cycle électoral de plus  s'achève. De  l'avis d'un certain nombre d'observateurs attentifs, les sujets fondamentaux n'ont pas été traités par la plupart des formations politiques notamment  les plus importantes. Deux formations ont tenté, cependant, de les traiter, mais leurs discours ont été noyés dans le flot du langage  politique habituel. Pourtant les medias s'y sont fortement interessés mais plus pour  traiter  l'aspect sensationnel (comme à l'accoutumé) que pour mettre en avant le fond de leur discours. 

Concrétement, il s'agit  de la nécéssité  de réorienter notre économie sur des bases totalement différentes  afin de mieux répondre aux besoins des êtres humains  Pour cela,  il y a un élément incontournable à traiter . Il  est celui de  l'impèrieuse nécéssité d'offrir  à la nature  les moyens de se régénerer (1) afin qu'elle nous permette, à son tour, de, tout simplement, vivre.

Dans ce contexte , Moins2watts est heureux de présenter un livre qui contibuera sans doute à la prise de conscience citoyenne des évolutions radicales vers lesquelles nos sociétés doivent aller trés rapidemment désormais..

(1) l' empreinte écologique .

Le temps du monde fini, vers l’après capitalisme de Geneviève Azam. Paris : Editions Les Liens qui Libèrent, août 2010, 250 pages. 18 €

 Quatrième de couverture

« Le temps du monde fini commence » écrivait Paul Valéry en 1931. Pourquoi cet appel n’a-t-il pas été entendu ? Comment faire de la conscience de cette finitude un commencement ? Près d’un siècle s’est écoulé et la globalisation économique a accéléré la clôture du monde et celle de l’imagination. Les vainqueurs laissent une Terre épuisée et un monde commun miné par les inégalités, le déracinement et la violence. Ce monde-là, assigné à la rentabilité immédiate, s’effondre. Les crises mettent à nu la promesse empoisonnée de réaliser la liberté et la justice par le « libre » échange, la croissance et la consommation, elles dévoilent l’illusion scientiste qui repousse à l’infini les limites de la Terre et l’espoir fou de s’affranchir de la matérialité de l’existence. Elles heurtent aussi les forces « progressistes ».
S’inscrire dans le temps du monde fini, c’est s’échapper de l’enclos et écouter les voix, souvent celles des vaincus, qui, au Nord et au Sud, expriment plus que leur défaite ; elles disent que la Terre et ses éléments sont un patrimoine commun vital et inaliénable ; elles opposent le « bien vivre » au « toujours plus », les mondes vécus aux abstractions expertes ; elles luttent pour conserver les biens communs qui les protègent et les enracinent, réinventent la démocratie et l’aspiration à l’universel. Sous les décombres souffle un autre imaginaire, fait de coopération au lieu de concurrence, d’attachement à la Terre au lieu d’arrachement, d’une propriété-usage au lieu de la propriété-appropriation, d’une liberté retrouvée face à la « raison » économique et à l’asservissement de sujets renvoyés à eux-mêmes.
* Geneviève Azam est économiste à l'Université Toulouse II, co-présidente du conseil scientifique d’Attac, collaboratrice à la revue du MAUSS et chroniqueuse à Politis.

Rencontres avec Geneviève Azam autour de son livre
> 16 septembre au Forum de la FNAC de Nantes, de 17h30 à 20h.
> 1er et 2 octobre, Festival du livre de Mouans-Sartoux.
> 7 octobre, à la librairie Ombres Blanches de Toulouse, de 18h à 20h.
… etc.

Changer de modèle économique avant qu’il ne soit trop tard !

Économie et nature ne font qu'un:

La bioéconomie.

Sous titre ; Et si nous n'étions pas plus intelligents que des levures ?

Un de nos objectifs sur ce site est de contribuer à faire pendre conscience que  nous nous  développons ( les pays riches , les pays industriels) en produisant un gaspillage gigantesque (1). Depuis 200 ans  nous avons usé et abusé  de l'énergie en général  et des matières premières en particulier. Aujourd'hui, sous la pression , sous la contrainte, nous sommes en train de faire le  constat de « notre » action. Un  constat que d'aucuns jugent proche de la faillite !
Ce constat peut être fait grâce à des mises en gardes en provenance de différents sources dont les scientifiques  ne sont pas étrangers.

(voir les lanceurs d'alertes ).

Moins2watts se devait de parler d'un mathématicien  trop méconnu (2). Il s'agit d'un mathématicien (devenu économiste), Roumain, du nom de Nicholas Georgescu-Roegen. Il contribua fortement à développer l'idée de bioéconomie.

Cette théorie économique  se fonde sur ce que les scientifiques appellent l'entropie.

En effet, si nous essayons de comprendre les raisons pour lesquelles notre monde en est venu à gaspiller, avec une force aussi gigantesque l'énergie et les matières premières,(3)  nous pouvons avancer l'idée,  sans trop de risque, que c'est parce qu'il a choisi de ne reconnaitre -curieusement- qu'une seule des deux lois fondamentales  énoncées par SADI CARNOT.  Il s'agit des  lois dites de la  thermodynamique que cet ingénieur a contribué à définir.  Il se trouve, que la plupart des "quidams"  sont capables d'énoncer la première  et pas la seconde pourtant reconnue par Albert Einstein comme essentielle. Ces deux lois apparaissent contradictoires puisque la première concerne la loi de conservation de l'énergie, le fameux " rien ne se perd , rien ne se crée , tout se transforme " ( propos qui aurait été attribué à tort, au célèbre chimiste, Philosophe et économiste, Antoine Laurent de LAVOISIER) alors que la deuxième énonce le principe selon lequel tout processus de transformation de l'énergie entraine immanquablement une perte irrémédiable d'une partie de celle-ci. C'est ce que l'on appelle l'entropie ( la désorganisation, la diffusion , la dissémination  de  l'énergie).
A partir de cette loi "oubliée" Georgescu-Roegen a donc fait tout un travail indiquant que l'économie est en fait intimement liée à la nature. La plupart des modèles économiques appliqués, jusqu'à présent, ont somptueusement ignoré , la nature et ses lois. La  bioéconomie remet donc en cause, les fondements des théories économiques orthodoxes et, en particulier, les  théories libérales (au sens économique) et  qualifiées parfois de néolibérales. (4)

Vous trouverez,  au travers du lien ci-après, une vidéo qui contribuera , nous l'espérons, à vulgariser la bioéconomie. Elle sera, sans doute, l'alternative du XXI ème  siècle au capitalisme : ICI 

 

Pour étayer le propos, vous trouverez, ci-après, les réflexions d'un ami Physicien de formation que Moins2watts a consulté. A la suite de la lecture du projet  de l'article  il nous a déclaré :

"J'ai pas grand chose à rajouter si ce n'est une réflexion sur l'entropie des activités humaines.
En effet, on peut assimiler l'entropie d'un système à un désordre de la structure interne de ce système. La deuxième loi de la « thermo » stipule que l'entropie d'un système fermé ne peut qu'augmenter.
Au final l'entropie d'un système fermé est maximale ce qui veut dire que son désordre est maximal. La terre étant un système fermé, toutes les transformations liées à l'activité humaine tendent à augmenter le niveau d'entropie de la planète et donc son désordre.
L'énergie étant nécessaire aux transformations humaines, plus nous utilisons de l'énergie, plus nous transformons et plus nous augmentons le désordre. A terme nous cesserons de transformer parceque le désordre sera maximal (vaste décharge).

Un exemple: depuis le début de la société industrielle nous utilisons des minerais pour en extraire le métal. Or, avant cette période, le métal était concentré dans des zones et lieux bien définis (concentration des gisements de minerai) et après cette période, (dans un futur proche) cette masse totale de métal extraite du sol n'aura pas disparue mais sera complètement éparpillée sur la planète et donc extrêmement difficile à récupérer.
Ainsi donc nous partons d'un système ordonné (les gisements primitifs) et nous allons vers un système désordonné (une soupe de matériaux répandus à la surface du globe) où il ne sera plus jamais possible de retrouver le niveau de production, de technologie que nous avons actuellement. La deuxième loi de la thermo dit clairement que nos descendants ne pourront plus vivre comme nous, sauf conquérir de nouvelles planètes pour en exploiter les ressources (ce qui n'est pas possible du fait de l'abaissement du niveau technologique lié à la baisse de la consommation énergétique elle même liée à l'augmentation de l'entropie).

En conclusion nous sommes bel et bien dans la merde!

J'ajouterais quand même une pointe d'optimisme à ce que j'ai dit en disant que les sociétés humaines qui génèrent le moins d'entropie par leurs activités sont les peuples de chasseurs-cueilleurs qui vivent en équilibre thermodynamique avec leur écosystème et qui donc sont tout à fait durables.

Donc l'homme peut vivre sur terre quasiment indéfiniment à condition de ne rien transformer (ce qui revient à dire qu'il doit utiliser le minimum de technologie et d"énergie)

L'homme ne serait-il pas plus intelligent qu'une levure ?

Dernière réflexion qui est celle d'un vigneron: collectivement, nous (les hommes,) ne sommes pas plus intelligents que des levures.
En effet, les levures dans une cuve de jus de raisin vont consommer du sucre et produire de l'alcool (fermentation) mais elle vont le faire en se multipliant de manière dramatique (exponentielle) sans penser une seconde à gérer les ressources (sucre) pour vivre plus longtemps. Non, les levures épuisent totalement les sucres disponibles et meurent dans un collapsus général,dans une pénurie de ressources, étouffées et intoxiquées par le sous-produit de leur activité (l'alcool).

La question est posée: en quoi sommes nous plus intelligents que des levures quand à la capacité de gérer le ratio "consommation des ressources/ ressources disponibles" pour assurer notre pérénité ?
Si les gouvernements actuels disaient par exemple: "divisons notre consommation de pétrole par 10 pour que nos arrières petits enfants aient encore du pétrole pour se déplacer et faire fonctionner leurs usines" on pourrait alors penser que oui, vraiment, nous sommes plus évolué que des levures. Mais a-t-on déjà entendu pareil discours?

Amitiés

Jean-Charles "

(1) Nous entrainons malheureusement  les pays sous-développés dans le même mode de développement.
(2)Il travailla avec un des économistes les plus célèbres, Joseph SCHUMPETER de l'école autrichienne .
(3) Certains seront surpris par cette information. Nous les  renvoyons simplement sur des sites ou blogs tels celui de Benoit THÉVARD ingénieur des Mines.(www.avenir-sans-petrole.org/)
(4) Les théories défendues , principalement, par Friedrich HAYECK puis Milton FRIEDMANN . Ces théories économiques  sont mises en application depuis plus d'une trentaine d'années. Elles  gouvernent presque totalement  l'économie mondiale aujourd'hui .
 

 

Déclaration de Cochabamba bolivie

Cochabamba : le texte de l’"Accord des peuples"
    
                        

Voici la traduction en français de la déclaration finale de la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère-Terre qui s’est achevée le 22 Avril 2010, à Cochabamba, en Bolivie

le 30 avril 2010

ACCORD DES PEUPLES

Au jour d’aujourd’hui, notre Mère-Terre est blessée et le futur de l’humanité est en danger.

Avec une augmentation du réchauffement global de plus de 2°C, conséquence des soi-disant « Accord de Copenhague », il existe 50 % de chances pour que les dommages infligés à notre Mère-Terre soient totalement irréversibles. Entre 20 et 30 % des espèces seraient en voie d’extinction. De grandes étendues de forêts seraient affectées, les sécheresses et les inondations affecteraient différentes régions de la planète, il y aurait une augmentation des déserts et la fonte des calottes glaciaires aux pôles, des glaciers des Andes et de l’Himalaya s’accentueront. Beaucoup d’Etats insulaires disparaîtraient et l’Afrique subirait une augmentation de température de plus de 3°C.

De la même manière, la production d’aliments dans le monde diminuerait avec des effets catastrophiques pour la survie des habitants des grandes régions de la planète, et le nombre de personnes affamées augmenterait de manière dramatique, bien qu’il dépasse déjà le nombre de 1.020 millions de personnes.

Les corporations et les gouvernements des pays dits « les plus développés », avec la complicité d’une branche de la communauté scientifique, nous obligent à débattre du changement climatique comme un problème qui ne se limiterait qu’à une augmentation de la température sans remettre en question l’origine du problème qu’est le système capitaliste.

Nous y opposons la crise finale d’un modèle de civilisation patriarcale basée sur la soumission et la destruction d’êtres humains et de la nature, destruction qui s’est accélérée avec la révolution industrielle.

Le système capitaliste nous a imposé une logique de concurrence, de progrès et de croissance illimitée. Ce régime de production et de consommation est la recherche du bénéfice sans limites, tout en séparant l’être humain de l’environnement, établissant une logique de domination sur la nature, convertissant tout en marchandise : l’eau, la terre, le génome humain, les cultures ancestrales, la biodiversité, la justice, l’éthique, les droits des peuples, la mort et la vie elle même.

Sous le capitalisme, la Mère-Terre ne constitue qu’une source de matières premières et en ce qui concerne les êtres humains, en moyens de production et en consommateurs, en personnes qui importent pour ce qu’elles ont et non pour ce qu’elles sont.

Le capitalisme requiert une industrie militaire puissante pour étayer son processus d’accumulation ainsi que le contrôle de territoires et de ressources naturelles, tout en réprimant la résistance des peuples. Il s’agit d’un système impérialiste de colonisation de la planète.

L’humanité fait face à une grande alternative : continuer dans le chemin du capitalisme, du pillage et de la mort, ou entreprendre le chemin de l’harmonie avec la nature et le respect de la vie.

Nous avons besoin de l’établissement d’un nouveau système qui rétablisse l’harmonie avec la nature et entre les êtres humains. Il ne peut y avoir d’équilibre avec la nature que s’il existe de l’équité entre les êtres humains.

Nous invitons les peuples du monde à la récupération, la revalorisation et au renforcement des connaissances, des pratiques et savoirs-faire ancestraux des Peuples Autochtones, confirmés dans l’expérience et la proposition du « Vivre bien », en reconnaissant la Mère-Terre comme un être vivant, avec lequel nous avons une relation indivisible, interdépendante, complémentaire et spirituelle.

Pour faire face au changement climatique, nous devons reconnaître la Mère-Terre comme la source de vie et former un nouveau système basé sur les principes suivants :
– Harmonie et équilibre entre tous et avec tout
– Complémentarité, solidarité et équité
– Bien-être collectif et satisfaction de besoins fondamentaux de tous en harmonie avec la Mère-Terre
– Le respect des Droits de la Mère-Terre et des Droits Humains
– La reconnaissance de l’être humain pour ce qu’il est et pas pour ce qu’il possède
– L’élimination de toute forme de colonialisme, d’impérialisme et d’ingérence
– La paix entre les peuples et la Mère-Terre.

Le modèle que nous avons proposé ne consiste pas en un développement destructif ni illimité. Les pays ont besoin de produire des biens et des services pour satisfaire les besoins de base de leur population, mais ils ne peuvent en aucune manière continuer sur ce chemin de développement dans lequel les pays les plus riches ont un poids écologique 5 fois plus grand que ce que la planète est capable de supporter. Actuellement, on a dépassé de 30 % la capacité de la planète à se régénérer. A ce rythme de surexploitation de notre Mère-Terre, on aura besoin de deux planètes en 2030.

Dans un système interdépendant où les êtres humains ne sont qu’une des composantes, il n’est pas possible de reconnaître des droits à la seule entité humaine sans provoquer un déséquilibre dans tout le système. Pour assurer les droits humains et rétablir l’harmonie avec la nature, il est nécessaire de reconnaître et d’appliquer effectivement les droits de la Mère-Terre.

C’est pour cela que nous soumettons le projet conjoint de Déclaration Universelle des Droits de la Mère-Terre dans lequel repose :
– Le droit à la vie et à l’existence
– Le droit au respect
– Le droit au déroulement de ses cycles et de ses processus vitaux libres sans qu’ils soient troublés par l’intervention humaine.
– Le droit de conserver son identité et son intégrité en tant qu’êtres différenciés, autorégulés et interdépendants
– Le droit à l’eau comme source de vie
– Le droit à la pureté de l’air
– Le droit à la pleine santé
– Le droit d’être libre de contamination et de pollution, de déchets toxiques et radioactifs ;
– Le droit de ne pas être modifiée génétiquement et dans son organisation, ce qui compromettrait son intégrité, son fonctionnement vital et son équilibre.
– Le droit à un dédommagement complet et rapide pour les violations aux droits reconnus dans cette déclaration en conséquence de l’activité humaine.

La vision commune étant de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre pour rendre effectif l’Article 2 de la Convention Cadre de Nations Unies sur le Changement Climatique qui détermine « la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche les interférences anthropogéniques dangereuses pour le système climatique ». Notre vision consiste, sur le principe des responsabilités historiques communes mais distinctes, à exiger que les pays développés s’engagent par des objectifs quantifiés de réduction des émissions qui permettent de faire revenir le niveau de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à 300 parties par million et ainsi, limiter l’augmentation de la température moyenne globale à un niveau maximum de 1°C.

Mettant l’accent sur la nécessité d’une action urgente pour atteindre cette vision, et avec le soutien des peuples, des organisations et des pays, les pays développés devront s’engager par des objectifs ambitieux de réduction des émissions qui permette d’atteindre des objectifs à court terme, en soutenant notre vision en faveur de l’équilibre du système climatique de la Terre, en accord avec l’objectif final de la Convention.

La « vision commune » pour l’ « Action Conjointe à Long Terme » ne doit pas se limiter, dans la négociation du changement climatique, à définir une limite de l’augmentation de la température ainsi que la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, mais elle doit inclure de manière globale et équilibrée un ensemble de moyens financiers, de technologies, d’adaptation, de développement d’aptitudes, de schémas de production, de consommation et autres facteurs essentiels tel que la reconnaissance des droits de notre Mère-Terre pour rétablir l’harmonie avec la nature.

Les pays développés, principaux responsables du changement climatique, en assumant leur responsabilité historique et actuelle, doivent reconnaître et honorer leur dette climatique dans toutes ses dimensions, comme base pour une solution juste, effective et scientifique au changement climatique. Dans ce contexte, nous exigeons des pays développés qu’ils :
– Rétablissent les pays en voie de développement dans leur espace atmosphérique qui reste occupé par leurs propres émissions de gaz à effet de serre. Ceci implique la décolonisation de l’atmosphère par le biais de la réduction et l’absorption des émissions des pays développés
– Qu’ils assument les coûts et les besoins de transfert de technologie des pays en développement pour la perte des occasions de développement dû aux espaces atmosphériques restreints
– Qu’ils se rendent responsables pour les centaines de millions qui devront émigrer en conséquence du changement climatique qu’ils ont provoqué et qu’ils suppriment leurs politiques restrictives d’émigration et qu’ils offrent aux immigrants une vie digne avec tous les droits de leurs pays
– Qu’ils assument la dette d’adaptation en relation avec les conséquences du changement climatique dans les pays en développement en fournissant les moyens de prévenir, minimiser et pallier aux désastres découlant de leurs émissions excessives
– Qu’ils honorent ces dettes comme faisant partie d’une dette plus importante avec la Mère-Terre consistant à adopter et à appliquer la Déclaration Universelle des Droits de la Mère-Terre aux Nations Unies
– L’attention ne doit pas être seulement mise sur la compensation économique, mais principalement sur une justice de restauration – c’est à dire en restituant la totalité aux personnes et aux membres qui forment une organisation vivante sur la Terre

Nous déplorons la tentative d’un ensemble de pays pour annuler le Protocole de Kyoto, l’unique instrument juridiquement contraignant spécifique pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés.

Nous avertissons le monde qu’en dépit du fait que les pays développés aient été légalement obligés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, ces dernières ont augmentées de 11,2 % entre 1990 et 2007.

A cause de leur consommation sans limites, les Etats-Unis ont augmenté de 16,8 % leurs émissions de gaz à effet de serre pendant la période allant de 1990 à 2007, en émettant une moyenne comprise entre 20 et 23 tonnes annuelles de CO2 par habitant, ce qui représente plus de 9 fois les émissions correspondantes à un habitant moyen du Tiers- Monde, et plus de 20 fois les émissions d’un habitant de l’Afrique Subsaharienne.

Nous rejetons de manière absolue l’illégitime « Accord de Copenhague », qui accorde à ces pays développés de proposer des réductions insuffisantes de gaz à effet de serre, basées sur des engagements volontaires et individuels, qui violent l’intégrité environnementale de la Mère-Terre et qui nous conduisent à une augmentation d’environ 4° C.

La prochaine Conférence sur le Changement Climatique qui se tiendra à la fin de l’année au Mexique doit approuver l’amendement au Protocole de Kyoto, pour la seconde période d’engagements qui débutera de 2013 à 2017 et dans laquelle les pays développés doivent engager des réductions domestiques significatives d’au moins 50 % en rapport avec l’année référence qu’est 1990, sans inclure de marchés de carbone ni d’autres systèmes de déviation qui cacheraient la non-exécution des réductions réelles d’émissions de gaz à effet de serre.

Nous exigeons d’établir premièrement un objectif pour l’ensemble des pays développés pour ensuite accomplir l’assignation individuelle pour chaque pays développé dans le cadre d’une comparaison des efforts pour chacun d’eux, en gardant ainsi le système du Protocole de Kyoto pour la réduction des émissions.

Les Etats- Unis d’Amérique, en sa qualité d’unique pays de la Terre de l’Annexe 1 qui n’a pas ratifié le Protocole de Kyoto, a une responsabilité significative devant tous les peuples du monde pour signer le Protocole de Kyoto et s’engager à respecter et donner suite aux objectifs de réduction des émissions à l’échelle de toute son économie.

Comme peuples, nous avons les mêmes droits de protection devant les résultats du changement climatique et nous rejetons la notion d’adaptation au changement climatique entendue comme résignation aux résultats provoqués par les émissions historiques des pays développés, qui doivent adapter leurs styles et de vie et de consommation face à cette urgence planétaire. Nous nous voyons obligés d’affronter les effets du changement,climatique, en considérant l’adaptation comme un processus et non comme une contrainte, ainsi qu’un outil qui servira à les neutraliser, faisant la démonstration qu’il est possible de vivre en harmonie avec un mode de vie différent.

Il est nécessaire d’initier un Fonds d’Adaptation, comme un fonds exclusif pour faire face au changement climatique faisant partie d’un mécanisme financier contrôlé et dirigé de manière souveraine, transparente et équitable par nos Etats.

Ce fonds doit permettre de prendre en considération : les effets et leurs prix dans les pays en voie de développement ainsi que les besoins que ces effets engendrent, enregistrer et diriger le soutient fournit par les pays développés. De plus, ce fonds doit aussi gérer un mécanisme pour l’indemnisation des dommages, les conséquences passées et futures, pour la perte d’occasions et le renouvellement pour des évènements climatiques extrêmes et progressifs, et des indemnités supplémentaires qui pourraient tomber si notre planète dépasse les seuils écologiques tout comme ces effets qui freinent le droit à Vivre Bien.

Le « Sommet de Copenhague », imposé aux pays en voie de développement par certains Etats, en plus d’offrir des ressources insuffisantes, prétend dans son contenu diviser et confronter les peuples, déranger les peuples en voie de développement en conditionnant l’accès aux ressources d’adaptation en échange de mesures très palliatives. Il est établi comme inacceptable que dans les processus de négociation internationale, l’on essaye de catégoriser les pays en voie de développement selon leur vulnérabilité au changement climatique, créant des disputes, des inégalités et de la ségrégation parmi eux.

L’énorme défi auquel l’humanité fait face pour arrêter le réchauffement global et refroidir la planète sera atteint seulement en effectuant une transformation profonde dans le domaine de l’agriculture vers un modèle durable de production agricole paysanne indigène, et d’autres modèles et pratiques ancestrales écologiques qui contribueraient à solutionner le problème du changement climatique et qui assurent la Souveraineté Alimentaire, comprise comme le droit des peuples à avoir le contrôle de leurs propres semences, terres, eau et la production d’aliments.

Droit garantissant au travers d’une production, locale et culturellement appropriée, en harmonie avec la Mère-Terre, l’accès des peuples a une alimentation suffisante, variée et nutritive en complément avec la Mère-Terre améliorant ainsi la production autonome (participative, communautaire et partagée) de chaque nation et peuple.

Le changement climatique provoque déjà de profonds changements sur l’agriculture et sur les modes de vie des peuples autochtones/natifs et paysans du monde. Ces changements s’aggraveront dans le futur.

Au travers de son modèle social, le commerce agro-alimentaire, économique et culturel de production capitaliste globalisé et sa logique de production d’aliments pour le marché et non pour pallier au droit à l’alimentation, est une des causes principales du changement climatique. Ses outils technologiques, commerciaux et politiques ne font qu’augmenter la crise climatique ainsi que la faim dans le monde. Pour cette raison, nous rejetons les Traités de Libre Echange, les Accords Associatifs et toute forme d’application des Droits de Propriété Intellectuelle sur la vie, les paquets technologiques actuels (agrochimiques, transgéniques) et ceux qui s’offrent comme des fausses solutions (agro combustibles, géo-ingénierie, nanotechnologie, technologie Terminator et similaires) qui ne feront qu’augmenter la crise actuelle.

En même temps, nous dénonçons la manière dont ce modèle capitaliste impose des gros projets d’infrastructure, envahissant des territoires avec des projets extractifs, privatise et marchande l’eau, militarise les territoires en expulsant les peuples autochtones et les paysans de leurs territoires, empêchant ainsi la Souveraineté Alimentaire et creusant la crise socio- environnementale.

Nous exigeons de reconnaître le droit de tous les peuples, des êtres vivants et de la Mère-Terre a avoir accès et à jouir de l’eau et nous soutenons la proposition du gouvernement de Bolivie pour reconnaître l’eau comme un Droit Humain Fondamental.

La définition de forêt utilisée dans les négociations de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, qui inclue les plantations, est inacceptable. Les monocultures ne sont pas des forêts. En conséquence, à des fins de négociation, nous exigeons une définition qui reconnaisse les forêts locales, la jungle et la diversité des écosystèmes de la terre.

La Déclaration de l’ONU sur les Droits des Peuples Autochtones doit être pleinement reconnue, appliquée et intégrée dans les négociations sur le changement climatique. La meilleure stratégie et action pour éviter la déforestation, la dégradation et protéger les forêts et la jungle est de reconnaître et de garantir les droits collectifs des terres et territoires en considérant tout particulièrement que la majeure partie des forêts et jungles sont sur les territoires de peuples et de nations autochtones, de communautés paysannes et traditionnelles.

Nous condamnons les mécanismes de marchés, tel que celui de REDD (Réduction des émissions pour la déforestation et la dégradation des forêts) ainsi que leurs versions développées + et ++ qui violent la souveraineté des Peuples et leur droit au libre consentement, préalable et au droit d’être informé, tout comme la souveraineté des Etats, ce qui violent les droits, les us et les coutumes des Peuples ainsi que les Droits de la Nature.

Les pays pollueurs sont contraints de transférer directement les ressources économiques et technologiques pour payer le reboisement et l’entretient des forêts et des jungles, en faveur des peuples et des organisations organiques ancestrales autochtones, natives et paysannes. Cela sera une compensation directe et additionnelle aux sources de financement pour lesquelles les pays développés se seront engagées, en dehors du marché du carbone et ne se substituant en aucun cas aux compensations de carbone (offsets).

Nous demandons aux pays d’empêcher les initiatives locales basées sur des mécanismes de marché dans les forêts et jungles. Ces initiatives ne fournissent que des résultats inexistants et contraignants.

Nous exigeons des gouvernements qu’ils fournissent un programme précis de reboisement des forêts originales et des jungles, que ce programme soit dirigé et géré par les peuples, en utilisant des semences d’arbres, de fruits et de flore autochtone. Les gouvernements doivent éliminer les exploitations forestières et encourager la conservation du pétrole sous la terre et que l’on arrête d’urgence l’extraction des hydrocarbures dans les forêts vierges.

Nous exigeons des Etats qu’ils reconnaissent, respectent et garantissent l’application effective des règles internationales des droits humains ainsi que les droits des Peuples Autochtones, en particulier la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, la Convention 169 de l’OIT (BIT), entre autres instruments pertinents, dans le cadre des négociations, des politiques et des mesures pour résoudre les défis générés par le changement climatique.

En particulier, nous demandons aux Etats qu’ils reconnaissent juridiquement la préexistence du droit sur nos territoires, nos terres et nos ressources naturelles pour favoriser et fortifier nos modes de vie traditionnels et contribuer de manière effective à la solution au changement climatique.

Nous demandons l’application pleine et positive du droit à la consultation, à la participation et le consentement préalable, libre et renseigné des Peuples Autochtones dans tout les processus de négociation tout comme la conception et l’application des mesures relatives au changement climatique.

Aujourd’hui, la dégradation environnementale et le changement climatique atteignent des nivaux critiques, étant l’une des principales conséquences de la migration interne et vers l’internationale. Selon certaines estimations, en 1995, il y avait environ 25 millions d’émigrants climatiques, aujourd’hui, on estime leur nombre à 50 millions et les estimations pour 2050 sont de 200 à 1 milliard de personnes qui seront exilées pour des raisons de changements climatiques. Les pays développés doivent assumer la responsabilité des migrants climatiques, en les accueillant sur leur territoire, en reconnaissant leurs droits fondamentaux, par la signature des accords internationaux qui envisagent la définition de migrant climatique pour que tous les Etats observent leurs résolutions.

Constituer un Tribunal International de Conscience pour dénoncer, rendre visible, recenser, juger et sanctionner les violations des droits des migrants, réfugié(e)s dans les pays, d’origine, de transit et de destination en identifiant clairement les responsabilités des Etats, compagnies et autres acteurs.

Le financement actuel destiné aux pays en développement pour le changement climatique et la proposition de l’Accord de Copenhague est minime. Les pays développés doivent s’engager à un nouveau financement annuel, supplémentaire à l’Aide Officielle au Développement et de source publique, d’au moins 6 % de leur PIB pour faire face au changement climatique dans les pays en développement.

Ceci est possible si l’on considère qu’ils gaspillent un montant similaire en défense nationale et qu’ils ont dépensé 5 fois plus pour sauver des banques et des spéculateurs en faillite, ce qui remet sérieusement en question leurs priorités mondiales et leur volonté politique. Ce financement doit être direct, sans condition et ne pas affaiblir la souveraineté nationale ni l’autodétermination des communautés et des groupes les plus touchés.

En prévision de l’inefficacité du système actuel, il faudra établir un nouveau système de financement lors de la Conférence du Mexique. Il devrait fonctionner sous l’autorité de la Conférence des Etats Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, rendra des comptes à la sus-nommée, avec une représentativité significative des pays en voie de développement pour garantir l’accomplissement des engagements de financement des pays mentionnés dans l’Annexe 1.

Il a été constaté que les pays développés ont augmenté leurs émissions durant la période 1990-2007, en plus d’avoir manifesté que la réduction serait substantiellement soutenue par des systèmes de marchés.

Le marché du carbone s’est transformé en un négoce lucratif, ramenant notre Mère- Terre à un niveau purement financier, ceci ne représente pas une alternative pour le changement climatique, du fait que cela pille, dévaste la terre, l’eau et la vie elle même.

La récente crise financière a prouvé que le marché est incapable de maîtriser le système financier, qui est fragile et incertain devant la spéculation et l’apparition d’agents intermédiaires. En conséquence, il serait totalement irresponsable de lui laisser le soin et la protection de l’existence humaine et de notre Mère-Terre.

Nous considérons comme inadmissible que les négociations en cours nécessitent la création de nouveaux systèmes qui amplifient et font la promotion du marché du carbone a tel point que les systèmes existants n’ont jamais résolus le problème du Changement Climatique et qu’ils ne se soient pas, non plus, transformés en actions concrètes et directes pour la réduction des gaz à effet de serre.

Il est fondamental d’exiger l’accomplissement des engagements pris par les pays développés dans la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique en rapport au développement et au transfert de technologie, tout comme il est important de rejeter la « vitrine technologique » proposée par des pays développés qui ne font que commercialiser la technologie. Il est fondamental d’établir la direction pour la création d’un système multilatéral et multidisciplinaire pour le contrôle participatif, la gestion et l’évaluation continue de l’échange de technologies.

Ces technologies doivent être utiles, propres et socialement adéquates. De la même manière, il est fondamental d’établir un fonds de financement avec un inventaire des technologies appropriées et libres de droits de propriétés intellectuelles, en particulier, de brevets qui doivent passer du monopole privé au domaine publique, d’accès libre et à un prix bas.

La connaissance est universelle, et ne peut en aucun cas être l’objet d’une propriété privée et d’une utilisation privatisée, de même que ses applications sous forme de technologies.

C’est le devoir des pays développés de partager leur technologie avec les pays en voie de développement, de créer des centres de recherche pour la création de technologies et d’innovations propres. C’est aussi leur devoir de défendre et de stimuler leur développement et son application pour vivre bien.

Le monde doit retrouver, apprendre, réapprendre les principes et les objectifs de l’héritage ancestral de ses peuples natifs afin de retarder la destruction de la planète, tout comme les connaissances, les pratiques ancestrales, ainsi que retrouver la spiritualité par la réinsertion du Vivre Bien avec notre Mère-Terre.

En prenant en compte le manque de volonté politique des pays développés pour s’acquitter efficacement de leurs engagements et de leurs obligations pris lors de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique et durant la Protocole de Kyoto, et face à l’inexistence d’une instance juridique internationale qui pallie et sanctionne tout ces crimes et délits climatiques et environnementaux qui porte atteinte aux droits de la Mère-Terre et à l’humanité, nous demandons la création d’un Tribunal International de Justice Climatique et Environnemental qui ait la capacité juridique inaliénable de parer, juger et sanctionner les Etats, les entreprises et les personnes qui par action ou omission, provoquent le changement climatique.

Soutenir les Etats qui présentent des plaintes devant la Cour Internationale de Justice contre les pays développés qui ne s’acquittent pas de leurs engagements pris lors de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique et lors du Protocole de Kyoto en incluant leurs engagements de réduire les gaz à effet de serre.

Nous prions instamment les peuples de proposer et de promouvoir une réforme profonde de l’Organisation des Nations Unies (ONU), afin que tous ses Etats membres respectent les décisions du Tribunal International de Justice Climatique et Environnementale.

Le futur de l’humanité est en danger et nous ne pouvons pas accepter qu’un groupe de dirigeants des pays développés puissent décider pour tous les pays comme ils ont essayé de le faire lors du Sommet des Nations de Copenhague. Cette décision incombe à tous les peuples. Pour cela, la réalisation d’un Référendum Mondial, plébiscite ou consultation populaire, sur le thème du Changement Climatique, afin que nous soyons tous interrogés sur :

– le niveau de réduction des émissions que doivent réaliser les pays développés et les multinationales
– le financement que les pays développés doivent fournir
– la mise en place d’un Tribunal International de Justice Climatique
– la nécessité d’une Déclaration Universelle de Droits de la Mère-Terre
– nécessité de changer l’actuel système capitaliste

Le processus du Référendum Mondial, plébiscite ou consultation populaire sera le fruit d’un processus de préparation qui assurera son développement avec succès.

Dans l’objectif de coordonner notre action internationale et de mettre en oeuvre les résultats du présent « Accord des Peuples », nous appelons à la construction d’un Mouvement Mondial des Peuples de la Mère-Terre qui se fondera sur les principes de complémentarité et de respect de la diversité d’origine et d’opinion de ses participants, constituant ainsi en une vaste plateforme démocratique de coordination et d’articulation d’actions au niveau mondial.

A cette fin, nous adoptons le plan d’action mondiale ci-joint pour qu’au Mexique, les pays développés de l’Annexe 1 respectent le cadre juridique en vigueur et qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effets de serre de 50 % et qu’ils assument les différentes propositions contenues dans cet Accord.

En conclusion, nous convenons de réaliser la 2ème Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère-Terre en 2011, comme constituante de ce processus de construction du Mouvement Mondial des Peuples pour la Mère-Terre et afin de réagir face aux résultats de la Conférence sur le Changement Climatique qui se déroulera à la fin de l’année à Cancún.

Source : Courriel de l’Ambassade de Bolivie en France.

Version originale en espagnol : http://cmpcc.org
 
Lire aussi : En direct de Cochabamba http://www.reporterre.net/spip.php?…

 

Un programme pour les élections présidentielles

Convergence citoyenne pour une transition énergétique Déclaration de Lézan 

Gard, le 28 août 2011

Par Daniel PAUL le vendredi 2 septembre 2011, 16:32

Préambule

Notre Convergence citoyenne pour une transition énergétique est le fruit d'une prise de conscience née de la mobilisation contre l'extraction des gaz et huiles de schiste. Nous avons élaboré cette déclaration les 26, 27 et 28 août, et validée en assemblée plénière le 28 août.

Pour assurer l'avenir des générations futures, la Convergence, affirme comme nécessité :

    * la reprise en main par les citoyens des décisions qui les concernent.

    * le refus de la marchandisation de la nature et de ses ressources, notamment en dénonçant les pièges du capitalisme vert.

    * la définition de la terre, de l'eau, de l'air, de l'énergie, et du vivant comme biens communs inaliénables et accessibles à tous.

Remettant en cause le système économique et productiviste dominant, la Convergence se donne une feuille de route.

1 : Instaurer le contrôle citoyen des instances politiques soumises à la logique des multinationales revient à instaurer :
 

    * Une démocratie directe grâce des espaces citoyens d'échanges, d'information, de confrontation et de décisions.

    * Une assemblée citoyenne d'expertise plurielle et transparente qui exclue tout conflit d'intérêt.

    * La séparation entre les pouvoirs financiers et les médias .

    * Un travail de convergence sur les questions de société avec le mouvement social et ses organisations.

2 : S'engager sans délai pour la transition énergétique suppose de :

    * Réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre à la hauteur des exigences exprimées par l'accord des peuples de Cochabamba, accord adopté par la Convergence de Lézan et joint en annexe de la présente déclaration.

    * Se libérer d'une surconsommation qui coûte plus aux pauvres qu'aux riches.

    * S'orienter vers une sobriété et une efficacité énergétique .

    * Arrêter la course aux énergies fossiles.

    * Abandonner toute expérimentation, exploration et exploitation d'hydrocarbures compris dans la roche mère et off-shore.

    * Arrêter le nucléaire civil et militaire.

    * Arrêter la production et l'utilisation industrielles des agro-carburants .

    * Mettre la priorité sur le financement public de la recherche et des expérimentations citoyennes sur les énergies renouvelables.

    * Libérer les brevets captés par les multinationales.

    * Organiser la relocalisation avec la réappropriation publique et territoriale des moyens de production et de distribution de l'énergie (régies communales, coopératives, sociétés d'intérêt collectif, etc.) incluant systématiquement le contrôle citoyen.

    * Réorienter les politiques publiques des secteurs énergivores tels que l'agriculture intensive, les transports, le logement et l'urbanisme, l'industrie et la grande distribution.

    * Exiger la reconversion des filières concernées en accord avec les travailleurs et les usagers.

3 / Organiser dès à présent la convergence des luttes nous engage à :

    * Articuler les mobilisations contre les gaz et huile de schiste, le nucléaire, les OGM, les incinérateurs, les agro-carburants et toutes les luttes sociales et environnementales.

    * Faire converger les luttes, les mobilisations, les alternatives et les expérimentations en associant le combat écologique aux luttes sociales.

    * Œuvrer pour l'émergence d'un nouveau projet de civilisation indispensable face aux enjeux climatiques, à l'épuisement des ressources naturelles et plus généralement au chaos dans lequel nous mène le capitalisme.

    * Poursuivre régulièrement la Convergence citoyenne initiée à Lézan, en se connectant avec les mobilisations du local au mondial.

    * Inscrire nos mobilisations dans un calendrier international contre le G20, du 1er au 4 novembre 2011, lors du sommet sur le climat de l'ONU à Durban début décembre 2011, lors du Forum Alternatif Mondial de l'Eau du 10 au 18 mars 2012, lors du Sommet Rio + 20 début juin 2012.

La Convergence citoyenne pour une transition énergétique s'associe à la pétition portée par « Los Indignados » auprès de la Commission européenne pour la sortie du nucléaire, contre l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures compris dans la roche mère, contre la culture et la commercialisation des OGM et pour un audit des dettes des Etats européens.

Globalisons la lutte, globalisons l'espérance !

Cette déclaration est partagée par les partenaires de la « Convergence citoyenne pour une transition énergétique » et ceux qui veulent s'y joindre pour la soutenir.

Contact : organisation@convergenceenergetique.org

Pourquoi des Rencontres éco-citoyennes à MERINDOL (Vaucluse)?

"Les rencontres Eco-citoyennes de Mérindol" (Vaucluse) : Une réussite malgré le mauvais temps durant ce Weekend de juin 2011

L'association AME (Action Mérindol Environnement) persévère sur l'application de sa nouvelle charte qui permet d'éviter le « green business » que l'on retrouve dans de nombreux salons. Une vrai réussite sur tous les plans. Nous avons apprécié l'organisation bien orchestrée, la qualité des exposants et la richesse des conférences. Un excellent week-end, riche de partages et de rencontres.

 

Pourquoi des Rencontres éco-citoyennes à MERINDOL ?

S'il fallait résumer la raison d'être, des rencontres Eco-citoyennes de MÉRINDOL, elle pourrait se faire par ce seul élément inconcevable, rappelé par le  Président de l'association APTE, lors de l'ouverture des rencontres  samedi 4 juin au matin : « 40 % de la nourriture que le monde produit est jeté à la poubelle ».
Immédiatement, nous faisons le rapprochement avec la famine qui touche chaque année  des millions d'individus dans le monde.
Nous comprenons alors, au travers de ce seul exemple dramatique, l'incapacité du monde libéral  (ou néolibéral) a organiser la société dans l'intérêt de tous.

Une société qui  gaspille les richesses qu'elle produit, alors que des humains meurent de faim et de malnutrition, alors que  tant de besoins restent insatisfaits, a perdu la raison et sa raison d'être! Il n'est nul besoin de crise financière pour sans convaincre.

Devant une telle situation, un nombre  tous les jours un peu plus important de personnes,  cherchent d'autres solutions pour réorganiser une société qui ne  laisse , cette fois-ci , quiconque, sur le bord de la route.
Les rencontres Eco-citoyennes  ont  accordé cette année une place privilégiée à l'agriculture  biologique puisque le monde doit se soucier  aujourd'hui de nourrir les populations en leur fournissant à  nouveau des produits sains (la FAO , organisme dépendant de l'ONU a conclut que seule l'agriculture Bio était à même de répondre correctement  aux besoins croissants liés à la démographie). Les combats déterminants  qui se mènent en ce moment sont ceux qui permettent aux paysans de retrouver des terres a cultiver. La lutte est difficile face aux aménageurs de « tous poils » décidés à  construire  des zones d'habitations, commerciales ou artisanales.

Parmi les nombreuses conférences,  qui furent tenues le long de ce week-end, il en est une qui fut très prisée. En effet, si la culture Bio a eu la place qu'elle mérite, la biodiversité a été évoquée avec l'intervention de Pierre Henry Gouyon professeur au Muséum National d'histoire Naturelle. Nous savons qu'il y a danger avec la disparition accélérée des plantes, animaux et d' autres espèces vivantes, invisibles, comme les bactéries. Les scientifiques parlent, aujourd'hui,  de la 6 ème extinction    des espèces (L'extinction de l'Holocène).
 Le professeur  est notamment venu nous expliquer que le seul moyen de préserver  la biodiversité n'est pas de la stocker dans des chambres froides, ainsi que cela est en   train de ce faire en Norvège.  Préserver, de cette façon,  la biodiversité n'a pas de sens. La biodiversité n'est  pas quelque chose de figé. La biodiversité est en perpétuelle évolution. La seule solution est d'arrêter de détruire l'environnement de façon  à laisser la nature le temps de faire  les changements. La nature a besoin de temps et l'homme ne lui en laisse plus. Les perturbations et dégradations qu'il provoque désorganisent et compromettent la transformation des espèces.

 

la chanteuse ELODIE devant l'arbre à Utopie

Les rencontres Eco-citoyennes sont, surtout, un moyen d'échanges entre les personnes autour de projets communs qui fleurissent afin de développer une autre façon de vivre. Les maitres mots sont la solidarité, l'écoute de l'autre, l'autonomie, la coopération au lieu de la mise en concurrence .

La fin du pétrole (1) et le  changement climatique

Les  20 scénarios, aujourd'hui connus,  estimant le début de la décroissance de la production du pétrole donnent  comme date moyenne l'année 2022. Nous sommes donc obligés de nous organiser afin de vivre, très bientôt,  dans un environnement où le pétrole, les autres énergies fossiles et minières (l'uranium qui alimente les centrales nucléaires ) auront -si non disparues- du moins seront rares et donc très chéres. La crise énergétique  est couplée à celle du réchauffement climatique. Or il se trouve qu'il y a conjonction et opportunité  entre les deux événements. En effet, les scientifiques du GIEC(2), comme ceux d'autres instances indépendantes (3)  sont d'accords pour dire que la lutte contre le réchauffement climatique passe obligatoirement par une diminution très importante de consommation des énergies non renouvelables.  

Se réorganiser pour répondre aux deux défis:

Il faut penser la réorganisation des circuits de distribution et de production (ceux qui participent à la destruction  de 40% de la nourriture !). Les productions, leurs utilités, les façons de produire  doivent être repensées. Cela  entraine le rapprochement des lieux de fabrication des lieux de consommation ainsi que des lieux d'habitations. Naturellement, les lieux d'habitations doivent  aussi participer à cette nécessaire évolution puisqu'ils sont la source principale du gaspillage  de l'énergie (Selon l'ADEME, l'agence de l'énergie, plus  42 % de l'énergie consommée en FRANCE, l'est dans les bâtiments).  

Les rencontres Eco-citoyennes sont donc un lieu de réflexions,  d'échange de savoirs  et de savoir faire qui préparent la transformation de nos modes de vies. Elles sont  une expression de ce que l'on appelle « la  transition » qui a démarré depuis quelques années et qui est symbolisée par le mouvement « villes et villages en transition »  (Ce mouvement est parti de la  petite ville Anglaise de Totnes). A l'heure actuelle, d'autres territoires,en FRANCE, travaillent sur cette évolution indispensable (Exemple:  La région du  TRIEVES au sud de Grenoble) .

La congélation du vivant  sur l'ile de Spitzberg (archipel de SVALBARD  en  Norvége)

1 – voir le blog de Benoit Thévard sur la fin du pétrole et la transition.

2 – Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat. Il constitué de plusieurs milliers des scientifiques.

3 – l'association Négawatt, originaire de la région de Montpellier est composée de plus d'une centaine de spécialistes des questions énergétiques sur lesquelles elle travaille depuis plus de trente ans. Elle a mis au point en 2006 un scénario de descente énergétique à confort constant. (ce scénario intègre la sortie totale du nucléaire à l'horizon 2036 ). Le scénario est en cours de remise à jour pour 2011.